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07-02-2012

Table ronde sur l’europe – Circolo del PD, centro storico, 6 febbraio 2012

L’objectif de cette table ronde était de présenter les points de vue d’européens sur la crise actuelle, non seulement économique, mais sociale et culturelle, du continent européen. Six intervenants provenant des partis « progressistes » de différents pays ont exprimé leurs points de vue : grec, néerlandais, français, allemand et italien. L’un des intervenants italiens était Roberto Gualtieri qui a suivi les négociations du traité « Fiscal Compact » annoncé le 9 décembre 2011. Les points de vue étaient convergents mais contrastés ainsi que l’est la situation des pays européens aujourd’hui.

Nicola Barkas, représentant du PASOK en Italie, Grèce
Nikola a bien évidemment exprimé la souffrance grandissante qui monte en Grèce, en pointant du doigt les inégalités aussi croissantes. Il a mis en lumière le sens des responsabilités du Pasok qui a dû appliquer une austérité pour laquelle il n’avait pas été mandaté par sa population lors des élections de 2009. Il a aussi insisté sur l’absurdité de l’Europe actuelle qui veut « germaniser » tous les peuples de l’union, niant leur spécificité culturelle et historique. Il a appelé à une Europe des peuples et pas à une Europe des marchés et des agences de notation.

Robert Thewessen, membre de la direction nationale D66, Pays-bas
Robert a fait une intervention plus optimiste, appelant à utiliser les institutions de l’Europe pour y mettre des contenus qui rapprochent les peuples. Il a souligné la nécessité de faire émerger une identité culturelle européenne.

Dominique Depriester, Conseiller PS à l’Assemblée des Français de l’Etranger, France.
Dominique a mis l’accent sur le besoin d’une Europe qui soit synonyme d’espérance, et pas seulement de rigueur budgétaire ou de limitation des politiques nationales. Il a rappelé que beaucoup reste encore à faire, concrètement, pour arriver à une Europe quotidienne effective : nous n’avons pas de passeport européen, pas de sécurité sociale commune, etc… Et surtout il a appelé de ses voeux une Europe qui protège contre la mondialisation et contre la concurrence déloyale pratiquée par des pays qui n’ont pas les mêmes contraintes sociales et environnementales que les pays de l’UE.

Michael Braun, directeur della Fondazione Friedrich Ebert di Roma , SPD, Allemagne
Michael a souligné la différence d’ambiance entre les pays européens du sud et les pays européens qui profitent de la crise. La croissance allemande pour 2011 est très forte après une très bonne année 2010. Il a rappelé que l’euro était la contrepartie qu’avait demandée Mitterrand pour la réunification ; mais que loin d’annuler la prédominance du mark et de la bundesbank sur la politique monétaire de l’Europe, il n’avait fait que la renforcer en empêchant les pays d’Europe de dévaluer leur monnaie lorsque le déficit commercial avec l’Allemagne – structurellement en surplus – était trop grand. Aujourd’hui l’hégémonie allemande est évidente malgré les réunions de façade d’un « directoire » franco-allemand qui n’en est plus un. La France n’a plus les moyens d’imposer ses vues. Pour Michael, que l’hégémonie allemande sur l’Europe inquiète, il est fondamental que les partis progressistes s’unissent ainsi que le font PS et SPD en ce moment pour redonner un élan plus respectueux de tous les peuples, fédéraliste et démocratique.

Roberto Gualtieri, parlementaire européen, représentant du Parlement européen lors des négociations sur le nouveau traité fiscal, Italie
Roberto explique que le nouveau traité, « Fiscal compact », est en réalité une concession faite à Angela Merkel qui, pour des raisons de politique intérieure et pour satisfaire le FDP libéral avec lequel elle gouverne depuis 2009, a besoin de présenter à l’opinion publique allemande un traité qui démontre qu’elle a réussi a obtenir la rigueur budgétaire des autres états membres. Lors des négociations le traité a été passablement édulcoré, et ne rajoute pas grand choses par rapport aux critères de Maastricht originels. Roberto nous explique aussi que l’Europe est face à un choix très difficile : elle doit faire le saut vers l’union politique, mais ce saut est très compliqué. Les conditions de la crise de l’Euro rendent ce saut plus nécessaire mais aussi plus probable. Pour Roberto, il est fondamental de repasser à une Europe supranationale, où tous les états sont représentés, plutôt que de rester dans l’Europe intergouvernementale actuelle où ce sont les rapports de force entre Etats qui sont à l’origine des décisions.

Giacomo Filibeck, coordinateur du département des affaires étrangères du PD, Italie
Pour conclure, Giacomo nous fait part de son scepticisme quant à la capacité des dirigeants actuels de réformer l’Europe. Il pense que seuls des dirigeants progressistes, qui se sont mis d’accord sur un programme en amont, avant leur arrivée effective au affaires, seraient en mesure d’infléchir l’Europe actuelle. Ils doivent s’entraider durablement pour gagner les élections importantes de 2012 en France, 2013 en Italie et en Allemagne pour changer d’Europe et se garder de reproduire les mêmes erreurs que dans les années 97-99 où ils n’ont pas réussi à faire avancer l’Europe, et n’ont obtenu que le traité de Nice, inadapté à l’élargissement à venir.

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